Le principe de l’anti-héros est aujourd’hui assez bien ancré dans les divertissements d’images mais si nous arrivons facilement à nous identifier à eux, c’est parce qu’ils gardent en eux une part d’humanité. Dans le comics BAD ASS, le dénommé Jack Parks, alias Dead End, est atrocement, détestablement mauvais. Et l’adjectif est trop faible pour lui rendre honneur. Le scénario du 1er tome intitulé « Dead End » jongle entre le présent de l’assassin de la pègre locale et l’adolescent revanchard qui se venge de tous ceux qui l’ont malmené. On y découvre, peut être trop rapidement, les personnages qui font l’entourage du héros et d’ailleurs (et c’est peut être la raison), ils ne sont pas nombreux à survivre à l’aisance meurtrière de Dead End. La plume est acérée, le ton est celui de l’humour noir et on frissonne de bonheur devant les horreurs faites et surtout pensées par Dead End. Dès la 1ere planche, le style est donné et il est vraiment impossible de décrocher. La 93e page, la page finale de ce 1er tome, vous laisse hagard, amusé bien qu’un peu choqué. Dans cette petite centaine de planches, l’hémoglobine jaillit avec autant d’élan que le style enlevé et énergique du récit. L’illustration est bien sûr un bel hommage rendu aux comics US. La physionomie des personnages, leurs traits et comportements faciaux sont tant travaillés que connus… Ce que je ne réprouve pas du tout. Il y a même selon moi, une précision et une structure du trait qui manquent à la BD américaine. La vision de l’ensemble est plus facile à aborder et ne nuit toutefois pas à la précision des détails qui valent vraiment l’arrêt sur image. Je connais bien des personnes qui sont incapables de comprendre le bonheur de relire une BD même si elle leur plaît beaucoup. Mais, je leur dirai, que ce tome mérite bien des relectures pour s’apercevoir du fourmillement d’éléments visuels amusants que l’on ne saurait découvrir en une seule fois.

par Thorclim