Tout comme dans Vingt quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig, Fédor Mikaïlovitch Dostoïevski dans son œuvre Le Joueur choisit également l’écriture parallèle de deux sujets relativement mystérieux et qui n’ont pas forcement un rapport qui sont le jeu compulsif et l’amour. (Ce dernier étant nécessairement compulsif non ?)

Fédor Mikaïlovitch Dostoïevski naquit dans la ville de Moscou en 1821, année de la naissance de Flaubert et Baudelaire. A cette période la littérature quant à elle est monopolisée par Gogol et Pouchkine. (Ce dernier ayant écrit aussi une nouvelle sur le jeu et sur l’amour : La Dame de Piques.)

Le joueur, œuvre publiée en 1865, raconte l’histoire d’un jeune précepteur Alexeï Ivanovitch qui, au service d’un général en retraite et de sa famille arrive à la ville de Roulettenbourg en Allemagne, ville d’eaux et de distractions pour la Haute société. La bas il voit Pauline Alexandrovna, la belle fille du général qui est veuve. Il est profondément amoureux. Elle lui demande de jouer aux jeux de casino afin de se sortir des dettes. Il le fait et très vite il se transforme en un joueur compulsif qui ne sait plus comment se sortir, cette fois ci non pas seulement des dettes, mais également de cette maladie qui se nomme le jeu.

Le joueur est incontestablement le fruit de la vie de Dostoïevski lui-même. Ce dernier, passionne par les jeux de hasard y joue depuis sa jeunesse lors de ses differents voyages a l’étranger. On raconte qu’il aimait particulièrement les villes d’eau et de distractions. (Comme la ville ou Alexeï est allé)

Par ailleurs, il est inévitable de remarquer le lien direct entre l’amour passionne que Alexeï porte envers Pauline a l’amoure que Dostoïevski avait pour Apollinaria (prénom qui se ressemble en plus).

« L’amour et le jeu étaient les deux faces d’une même aventure, d’un même risque : celui de remettre son destin aux mains du hasard, de connaître l’ivresse de l’attente fiévreuse, de l’instant où tout va se décider […] » écrivit Georges Philipenko en parlant du livre dostoïevskien et également de l’auteur lui-même. Il est d’ailleurs important de noter qu’a l’époque même ou Dostoïevski publie son œuvre,il se trouve lui-même dans ces gouffre dont il est tellement difficile de sortir : les jeux qui livrent au hasard, tout comme leurs amours respectifs pour Pauline et Apollinaria…

Une œuvre à lire absolument d’une traite. Et pour ceux qui n’ent sont pas encore convaincu, voila un petit extrait : « Dans une espèce de transe fiévreuse, je poussais tout ce tas d’ argent sur le rouge. . .et soudain, je repris mes esprits ! Ce fut la seule fois au cours de toute la soirée que la peur me glaça, se manifestant par un tremblement des mains et des pieds. Je ressentis avec horreur, dans un éclair de conscience, ce que perdre eût signifié pour moi en cet instant. »

Si morale il y a dans le roman dostoïevskien, c’est sans l’ombre d’un doute sur le danger du jeu. Commencant a jouer pour Pauline, celle qu’il croit être son seul amour et sa seule passion fiévreuse, il commence soudainement a jouer pour lui-même, consommant le casino comme une drogue qui depuis longtemps a surpassé sa passion pour Pauline.

Aline Cohen a fait ses études littéraires a Strasbourg