Mille Poètes fait partie de cette race d’extra-terrestres.

Mais pourquoi donc est-ce que j’affirme qu’il y a un combat entre la race des dinosaures et la race extra-terrestre ? Cette affirmation n’est-elle pas un peu étrange ?

Bien sûr que non ….

Il y a un nouveau monde qui se prépare mais qui est fortement combattu par l’ancienne race, ou du moins non-accepté et même réfuté. Et je peux donner plusieurs exemples.

Prenez par exemple ce qu’on appelle le journalisme citoyen. Exemples : Come4News et LePost. Faites une recherche sur Google avec les termes « journalisme citoyen » et vous n’y trouverez que des critiques acerbes. La chasse aux sorcières est commencée. Ces journalistes citoyens feraient peur à la classe des journalistes professionnels, ce qui est complètement ridicule. Jamais aucun journaliste citoyen n’enlevera son boulot à un journaliste dit professionnel.

Par contre il n’est pas exclu qu’une personne publiant des articles de qualité dans un « média citoyen » se trouve un jour un boulot approprié dans un média reconnu.

D’où vient donc cette peur ? Serait-ce cette démocratisation de la parole collective ? pour ma part je crois que le problème se situe là. Le conformisme actuel commence à trembler devant cette démocratisation de l’opinion publique.

Un jour Andy Warhol a dit : « Dans le futur, chacun sera célèbre dans le monde entier pendant quinze minutes ». Ce jour-là, Andy a parlé comme un devin. Aujourd’hui se crée une multitude de sites d’échange de vidéos comme YouTube et DailyMotion. Tout le monde peut devenir cinéaste ou reporter en regroupant les deux alternatives YouTube et LePost …

Plus rien ne peut être caché. Un mal peut être connu à la vitesse de la lumière grâce à cette expansion des communications. On peut filmer à partir de son téléphone portable, prendre des photos, envoyer ces informations grâce au réseau WIFI ou en se connectant à partir d’un café Internet.

Plus rien ne peut arrêter cette véritable démocratie … alors les dinosaures tremblent.

On accusera de tous les maux cette nouvelle manière de faire le monde. La plupart du temps, aux actualités du soir, on n’y parle de Internet que négativement. On y parle de crimes sexuels et de fraudes. Par contre combien de fois y annonce-t-on toutes les nouvelles possibilités qu’offre Internet et le multimédia ?

On parle d’internet : c’est négatif
On parle de YouTube : c’est négatif
On parle de LePost : c’est négatif
On parle de commerce électronique : c’est négatif

Bizarre, moi, je n’y vois que du positif.

Saviez-vous que le 11 septembre 2001 on assista au plus grand hold-up planétaire programmé ? Saviez-vous que l’humanité a atteint ce qu’on appelle dans le jargon le PIC du pétrole ? Les ressources sont épuisées. Saviez-vous que le problème de l’Afghanistan, de l’Irak et bientôt de l’Iran est justement lié à ce pic pétrolier ?

Les médias – sans cacher tout à fait la vérité – ne disent pas tout. Seuls les médias citoyen auront maintenant tous les pouvoirs de dévoiler la vérité. Pourquoi ? parce que les médias « classiques » appartiennent justement à ces mêmes groupements oligarchiques qui vampirisent toutes les ressources de l’humanité et qui camouflent en même temps la vérité. Raison pour laquelle les dinosaures combattent les extra-terrestres.

Il en va de même dans le domaine de l’édition. Nous faisons face à une race de dinosaures. Prenons par exemple les dépôts légaux dans les Bibliothèques Nationales.

Je ne comprend pas pourquoi il faut que ce soit l’éditeur qui paie pour l’envoi de ses livres. Pourquoi est-ce que les Bibliothèques nationales ne paient pas les éditeurs pour l’achat et donc l’envoi des livres à ces dites bibliothèques ? cela pourrait constituer la première aide, la première subvention à faire auprès des organismes culturels. Les droits d’auteur seraient alors payés et tout le monde serait content.

Eh bien non ! il faut que l’éditeur paie. Qui en fait les frais ? non pas les grandes maisons, mais bien les petits éditeurs comme Mille Poètes.

De toute manière le dépôt légal comme on l’entend de nos jours fait justement partie de cette race de dinosaures. Pourquoi est-ce que les Bibliothèques nationales ne se contentent pas d’une version électronique de l’ouvrage ? Si la bibliothèque veut une version en papier, pourquoi ne la paie-t-elle pas ?

C’est pourquoi j’affirme qu’Internet Archive et la Bibliothèque d’Alexandrie en Égypte ont tout compris. Ces deux organisations sont définitivement en avance sur leur temps.

De toute façon le domaine de l’édition n’est pas adapté aux nouvelles technologies … je parle ici de l’édition à la demande. En général, le Dépôt légal n’est pas adapté à cette nouvelle forme d’édition. Comment donner à une bibliothèque qui affirme que le tirage minimum doit être de 100 exemplaires ? Comment donner à une bibliothèque qui oblige l’éditeur à écrire dans l’ouvrage la date finale de son impression ?

Comme on le sait, ce sont deux choses impossibles avec l’édition à la demande. On publie les ouvrages à l’unité et il n’y a aucune date finale d’impression … Nous jouons sur l’éternité !

Et ici on ne parle même pas de la délocalisation des entreprises. Mille Poètes est incorporée aux Etats-Unis, elle est gérée à partir du Québec. Elle publie en majorité des auteurs de la France. Les paiements sont électroniques … gérés par Paypal (USA) et Moneybookers (UK). Il n’y a aucune distribution sur aucun territoire.

En général il faut faire un Dépôt légal lorsqu’il y a distribution d’un ouvrage sur un territoire géographique. Est-ce le cas ici ?

Pourquoi donnerions-nous nos livres au gouvernement français plus qu’au gouvernement belge, suisse, marocain, algérien, américain, canadien, québécois ou tout autre gouvernement ? Pourquoi ? c’est la question que je me pose et que je pose ici.

(C’est pourquoi je suis heureux de la démarche actuelle de Mille Poètes de remettre nos livres à la Bibliotèque Nationale de l’Écosse parce que – justement – il s’agit d’une donation libre et non pas d’un Dépôt légal. Cela n’empêchera aucunement nos ouvrages d’être répertoriés dans le catalogue officiel de la bibliothèque) !!

Nous assistons donc à la délocalisation générale : délocalisation des entreprises, délocalisation des finances, délocalisation de l’édition, délocalisation des médias, délocalisation de la connaissance, délocalisation de tout …

Les dinosaures devront s’adapter ou disparaître …