Da Vinci Code : Un point de vue intéressant sur l’histoire du Christianisme.
par Martyne Pigeon
J’étais fort nerveuse hier juste avant de voir le tout nouveau film de Ron Howard (réalisateur d’entre autres « Appolo 13 », « Un homme d’exception » et « Le Grinch »), basé sur le roman de Dan Brown (auteur de « Anges et démons », « Deception Point » et « Digital Fortress »). C’est avec pop corn, liqueur et hot dog dans les bras, que j’attendais en compagnie du Grand-Chef dans la file d’attente qu’on nous ouvre enfin grandes les portes de « DaVinci Code ». Il faut dire que c’était avec raison que j’éprouvais cette inquiétude par rapport au film. Alors que la réception de la presse lors de la grande première médiatique à Cannes fut un désastre et que certains critiques québécois avaient pris un malin plaisir à démolir le film, je ne savais franchement plus trop à quoi m’attendre, alors qu’à la lecture du roman de Dan Brown celui-ci m’avait transportée dans un univers fort particulier. Cher public, vous trouvez donc en ce beau dimanche matin, deux jours après la sortie grand public de « DaVinci Code » l’avis professionnel et officiel de votre humble critique et éditorialiste, directement sur le site de FrogRadio! « DaVinci Code » est… roulements de tambours… Un excellent film!

Crevons l’abcès :
Critiques acerbes et probablement commandités par l’Opus Dei!

Pourquoi tant de critiques se sont insurgés contre « DaVinci Code » à ce point? La première raison est tout à fait logique : les distributeurs et producteurs se sont attirés le courroux de la presse français alors qu’ils ont forcé la main de Cannes afin que « DaVinci » puisse donner le coup d’envoi au festival annuel. Comment s’y ont-ils pris? En programmant la grande sortie médiatique de l’œuvre le même jour que l’ouverture du festival. Compte tenu de l’engouement du public devant un événement aussi attendu, il était bien évident que le « Festival international du film de Cannes » aurait vu ses recettes diminuer considérablement et sa popularité en souffrir si les organisateurs avaient décidé de faire fi de cette menace potentielle. La stratégie la plus intelligence à adopter était donc de présenter le film en grande ouverture du festival. Toutefois, le show business européenne a horreur de voir son industrie accotée au pied du mur de la sorte. L’attitude à adopter était donc en effet de descendre de film et de jouer du coude. En France, tous les moyens son bons et le jeu n’a pas règles, dites-vous bien cela! Alors que les français vont rarement applaudir à la fin d’une représentation quelconque (théâtre, chant, opéra, etc.), il n’y a peu, ou presque pas d’ovations ou de critiques pour ainsi dire encenseuse, surtout envers l’art issu des États-Unis. Autant dire que l’art, la politique, le marketing sont tous très liés dans leur mentalité. Bien que les Américains aient réussi départagés industrie cinématographique et politique nationale (parfois on peut en douter, surtout devant la sortie imminente du film « Flight 93 » mais bon, puisqu’ils le disent, on ne va surtout pas les contredire!), l’industrie du show-business Français ne semble pas avoir l’intelligence nécessaire pour départager les œufs de son panier… de crabes! L’explication est logique, mais alors, pourquoi plusieurs critiques québécois semblent descendre autant le film? Ceux-là n’ont évidemment aucun parti-prix par rapport à Cannes puisque aucun film québécois n’y est présenté cette année. En effet, je le concède, la réaction québécoise est fort étrange face à un film aussi intéressant. Tout d’abord, il faut savoir que tous les médias québécois qui ont descendu « DaVinci » on eu le culot d’inviter des historiens de l’art aux profils théologique fort évidents, des membres fort respectés de la communauté Catholique du Québec, etc. Autant dire que nos critiques sont retournés à l’âge de pierre en prenant le parti des communautés religieuses chrétiennes au Québec afin de descendre l’œuvre. Comme il a été difficile pour l’Opus Dei d’empêcher l’adaptation de l’œuvre de Dan Brown au cinéma, il semble être beaucoup plus facile de dénigrer le film… Tout cela pour vous dire, cher public, usez de discernement lorsque vous lirez ou entendrez les divers points de vue. Pour ma part, je peux vous assurer que je ne suis pas assez connue pour qu’un distributeur ou producteur daigne essayer d’acheter ma critique et que je suis trop révoltée pour que le clergé essaie de laver mon cerveau bien complexe! Il doit bien y avoir d’autres critiques en mon genre, cherchez-les avec ardeur et vous verrez la vérité sous les rebuts noircis d’encre sale subventionnés par nul autre que l’Opus Dei!

Une belle adaptation cinématographique :
Le livre et le film, l’un complète l’autre!

Alors que Robert Langdon, un éminent professeur de l’Université de Harvard, est invité à faire une conférence sur la sortie de son nouveau livre intitulé « Symboles du féminin sacré » à Paris, il se voit interpellé par la police française afin de les aider à élucider le meurtre du conservateur du musée du Louvre, M. Jacques Saulnière, retrouvé mort dans une position fort étrange. Le chercheur se voit donc plongé au cœur d’un mystérieux complot religieux mêlant la théorie du Saint-Graal et l’Opus Dei. Avec l’aide de Sophie Neveu, cryptologue pour la police française et petite fille de M. Saulnière, il se retrouvera fugitif poursuivi par Interpol et devra tout mettre en œuvre afin de pouvoir prouver son innocence.

L’adaptation cinématographique de « DaVinci Code » est restée très fidèle à la trame narrative du livre. Bien entendu, on a élagué certains détails et étapes afin de mieux synthétiser l’histoire. Toutefois, les personnages de Robert Langdon (Tom Hanks), Sophie Neveu (Audrey Tautou), Bezu Fache (Jean Reno) et Silas le moine albinos (Paul Bettany) collent à leur description psychologique qu’en avait faite Dan Brown dans le roman. L’interprétation est juste, axée beaucoup plus sur l’intériorisation des personnages et le non-jeu (ou jeu réalité) plutôt que le « sur jeu » (ou « over-acting » en anglais) retrouvé dans la plupart des films hollywoodiens. La fin du film diffère certes quelque peu de celle du livre mais elle apporte à mon sens un dénouement plus logique que la finale imaginée par l’auteur, bien que j’aie une nette préférence pour la fin originale. Certaines scènes peuvent peut-être sembler difficiles à comprendre pour les néophytes alors je vous conseille de lire le livre, peu importe si vous le lisez avant ou après avoir vu le film. En fait, l’un et l’autre se complètent si bien que l’ordre ne compte pas à mon humble avis! Le filon narratif est, selon moi, fort bien orchestré avec de bons revirements de situations et un bon rythme. Les explications et théories données durant tout le déroulement de l’histoire sont traitées de façon dynamique et très intéressante, ce qui ne casse pas le rythme. Bien entendu, il s’agit d’une œuvre de fiction, toutefois les théories amenées poussent à s’interroger sur la vraie nature du Saint-Graal et les origines du Nouveau Testament telles qu’on les connaît aujourd’hui, ce qui semble être la raison principale du courroux de la Sainte Église Catholique face à l’œuvre en général. On nous transporte dans un univers de théoricien fort dynamique et captivant à l’aide de superpositions, entremêlant les époques avec des effets digitalisés de transparence. Une qualité d’images qui m’a donné à plusieurs reprises des frissons dans le dos. De plus, la musique appuie merveilleusement bien le film, se fond en lui de sorte qu’elle devient partie intégrante de l’univers dans lequel évoluent nos protagonistes.

Finalement, si vous cherchez un bon divertissement, un film qui saura provoquer en vous des interrogation, et ce, sans maux de têtes souvent attribués au genre expérimental, je vous conseille fortement « DaVinci Code ». Bien entendu, l’œuvre de Dan Brown est fictive mais je crois que l’auteur a tout d’abord écrit ce roman afin de pousser les gens à chercher eux-même leur propre vérité et je ne crois pas qu’en 2006, on puisse encore oser s’insurger contre une telle démarche. Le point de vue véhiculé est basé sur des éléments troublants et une logique cartésienne désarmante certes mais il laisse libre le public de choisir. Je vous demande donc humblement de faire de la sorte et de choisir ce qui semble être votre propre vérité. Pour ma part, les interrogations apportées par Dan Brown entrent dans mon système de valeurs mais il peut en être tout à fait autrement pour vous.