Grand Prix du Roman de l’Académie Française
Vassilis Alexakis Ap. J.-C. (Stock)

Prix France Télévisions Roman
Olivier Adam A l’abri de rien (L’Olivier)
La première phrase :
« Comment ça a commencé ? Comme ça je suppose : moi, seul dans la cuisine, le nez collé à la fenêtre où il n’y a rien ».

Prix Interallié
Christophe Ono-dit-Biot Birmane (Plon)
La première phrase :
« Aujourd’ hui, le paradis est à portée de carte bleue. »

Prix Femina
Eric Fottorino Baisers de cinéma (Gallimard)
La première phrase :
« Ce récit appartient au XXe siècle. »

Prix Médicis
Jean Hatzfeld La stratégie des antilopes (Seuil)
La première phrase :
« Quand Satan a proposé les sept péchés capitaux aux hommes, l’Africain a tiré la gourmandise et la colère. »

Prix Renaudot des Lycéens
Carole Martinez Le coeur cousu (Gallimard)

Prix Goncourt des Lycéens
Philippe Claudel Le rapport de Brodeck (Stock)
La première phrase :
« Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. »

Prix Goncourt
Gilles Leroy Alabama Song (Mercure de France)
La première phrase :
« Soudain, notre ville endormie fut envahie de milliers de jeunes gens, des pauvres gars pour la plupart, arrachés à leur ferme, leur plantation, leur échoppe, venus de tous nos Etats du Sud tandis que leurs officiers frais émoulus de l’école militaire descendaient du Nord, des Grands Lacs et des prairies (jamais depuis la guerre civile on n’avait vu autant de yankees en ville, me dit maman). »

Prix Renaudot
Daniel Pennac Chagrin d’école (Gallimard)

Prix de Flore
Amélie Nothomb Ni d’Eve ni d’Adam (Albin Michel)
La première phrase :
« Le moyen le plus efficace d’apprendre le japonais me parut d’enseigner le français. »

Prix Décembre
Yannick Haenel Cercle (Gallimard)

Tous les ans, les Prix Littéraires sont contestés : on parle de jurys partiaux, calculateurs, de copinage et assez peu de belles découvertes littéraires. Cette année ne déroge pas à la règle, mais les critiques se sont fait encore plus véhémentes, et pour cause ! Sur les 10 prix que je vous ai présenté, 5 reviennent à la maison Gallimard (Mercure de France en est une filiale à 100 %, dirigée par Isabelle Gallimard herself). Comme on pouvait s’en douter, la grogne est sévère chez les autres éditeurs, à l’instar d’Héloïse d’Ormesson qui, on le comprend, se demande un auteur de talent comme ceux qu’elle publie et défend peut espérer être primé autrement qu’en publiant chez Gallimard.

Un autre « coup de gueule » que je relaie est celui de Christophe Donner, dont j’ai vraiment aimé le dernier titre : Un roi sans lendemain (Grasset), qui a bien failli remporter le Prix France Télévision (attribué par un irréprochable jury de téléspectateurs, et non d’académiciens, au méritant Olivier Adam pour A l’abri de rien chez l’Olivier) et le Prix Renaudot, pour lequel il était largement favori. Le problème vient justement de ce prix, attribué à Daniel Pennac pour Chagrin d’école (Gallimard encore) … qui ne faisait pas partie de la sélection ! Il s’agissait dit-on d »un « coup de coeur » du président (dont la voix compte pour deux). Je pense que c’est quelque chose que l’on aurait pu comprendre s’il s’était agi d’un jeune auteur prometteur que l’on eut voulu propulser sur le devant de la scène. Or personne ne dira que Daniel Pennac avait besoin d’un prix pour faire parler de son livre, qui figurait depuis sa sortie parmi les meilleures ventes.