Film de peur 4 : gags en latrines mais même pas un Razzie à l’horizon
par Martyne Pigeon

Je reviens tout juste du cinéma alors que je suis allée voir le tout dernier « Film de peur 4 ». Ayant déjà vu les trois premiers films de la série, ce dernier ne me disait rien qui vaille mais étant une critique pour FrogRadio, je me devais de faire cette petite sortie. Déjà, le tout premier de la série avait été capable d’un si rare et si faible quotien intellectuel alors que les suites n’avaient été que de vulgaires copies d’un concept copié lui-même sur d’autres films d’horreur plus ou moins bons, c’est selon. Finalement, mes attentes se sont avérées malheureusement justes et pire encore!

Pipi, caca, dodo…
Et un peu de « zignage » pour faire passer la pilule.

La plupart de ces films à caractère parodique ont à quelques reprises des passes sexuelles. Rien de bien méchant et il s’avère que c’est souvent ce qu’il y a de plus drôle dans tout le film! Dans « Film de peur 4 », c’est l’allusion à « Brokeback Mountain » qui devient le gag le plus désopilant de toute l’heure et demie passée en salle. En effet, je dois admettre que j’ai bien ri à la vue de ces deux cowboys noirs se séduire dans un tente style années ’50, sur une musique de Lionel Richie. C’est aussi le gag le moins scatologique de tout le film mais le plus suggestif alors que l’un et l’autre se badigeonnent de Vaséline et de lotion pour bébé de Johnson & Johnson! Pour le reste, on peut résumer à des blagues scatologiques déplacées, inventées par des scénaristes encore accrochés à leur précieuse phase anale. Le pire, c’est que les trois-quarts de l’assistance en salle a moins de 17 ans et qu’ils en rient! Je ne vois pas ce qu’il y a de si drôle à voir une vieille dame aspergée d’urine ou de voir une belle et jeune femme aveugle déféquer dans un coffre en bois, croyant que c’est la toilette (supposé clin d’oeil au film « Le Village », mais clin d’oeil de quoi?). Toutefois, il semblerait que notre génération d’adolescents en furie trouvent ce genre de blagues désopilantes. Alors que la plupart des artistes se protègent derrière une certaine liberté d’expression, il devient possible pour d’autres de proposer ce genre de « merdes » à notre jeune public. Quand j’étais ado, je riais en voyant un policier faire claquer un gant de latex, sous-ententant la classique fouille anale. Je n’avais nullement besoin de voir la fouille pour en rire davantage. Désormais, il semblerait que nos jeunes aient besoin de porter un regard sur le contenu du bol de toilettes pour rire. Oui, plusieurs films de genres complètement différents ont des « passes scatos ». Je n’approuve pas non plus ce type de scène. Je crois que même un bon film d’horreur comme « Décadence » se doit de rester un tantinet conventionnel dans la trame narrative. Je comprends aussi que « Film de peur 4 » cherche à rire de situations retrouvées chez d’autres films précédemment. Toutefois, il n’est pas nécessaire d’amplifier le tout ou même de les reproduire. À cela, je pense au tout premier film de la série « Film de peur » alors que l’éjaculation d’un des personnages colle Cindy (Anna Faris) au plafond de sa chambre…

Clins d’oeil et longueurs…
Mais surtout des acteurs limités!

Alors que plusieurs clins d’oeils m’ont fait bien rire : entre autres le moment où un iPod (nommé TriPod) apparaît de sous l’asphalte d’une rue pour rappeller au film « La guerre des mondes » de Spielberg, ou même une scène de boxe imitant une fameuse scène de « Million Dollar Baby » de Clint Eastwood, une scène montrant le Président des États-Unis complètement sénile qui désire savoir la fin d’une histoire pour enfants au lieu de planifier la défense de son pays contre la guerre menée par les extra-terrestres (qui sous-entend un petit clin d’oeil au documentaire de Michael Moore « Farenheit 9-11 »), ainsi que la reprise exagérée mais désopilante de l’entrevue entre Oprah Winfrey et Tom Cruise, l’histoire manque en général de rythme et plusieurs séquences sont, à mon avis inutiles. Toutefois, il est vrai que j’ai bien rit lorsque j’ai apperçu Leslie Nielsen lancer des blagues racistes alors qu’il ne se rappellait même pas être aux Nations-Unies. Une belle connerie dont j’avais l’impression que Bush serait assez cave pour commettre. Malgré ces petites blagues politiques bien placées, la plupart des autres ne lèvent tout simplement pas et une des scènes charnières, se voulant un clin d’oeil au film « Le village » de M. Night Shyamalan, n’est tout simplement pas intéressante longue et carrément inutile. Rappelons l’utilisation de scènes rapportant au film « Rage meurtrière » qui se veut lui-même un navet (pale copie de « Ringu ») n’est pas très intéressante non plus. De plus, le film se termine sur une finale insipide qui laisse à certains abords présager une suite à cette série déjà aliénante de stupidités.

Et, que dire des acteurs? Pas grand chose en fait. L’interprétation, pour la plupart du temps exagérée et fausse, supposément un concept gagnat pour toute bonne comédie, est plus fatiguante à mes sens que d’autres choses. Anna Faris reprend un rôle si usé qu’il est devenu aussi mince qu’une feuille de papier de toilettes (et ce n’est certainement pas du trois épaisseurs de chez Charmin je peux vous le garantir!). Les seuls acteurs dignes d’être mentionnés sont Bill Pullman et Charlie Sheen qui ont la décence de mourir au cours du récit, eux! Reste à savoir si Hollywood pourra enfin mettre ses culottes et tuer cette saga remplie de conneries en boîtes mais oh combien lucrative!

S’il-vous-plaît, mesdames et messieurs, puisque ce sont vos enfants qui ont tendance à gaspiller leur argent de poche par les fenêtres pour voir de type de comédies, éduquez-les et empêchez-les de se brûler le cerveau devant un si grand immondice de stupidités scatologiques. Le cinéma est un art et l’art se doit de poser un regard critique sur de vrais problèmes et de faire avancer les choses, malheureusement, les Majors américains ont aussi compris qu’il était fort facile de faire de l’argent sur le dos de nos jeunes et on rélégué l’éducation à la corbeille numéro 13. « Film de peur 4 » tout comme ses autres prédécesseurs ne sait que montrer comment se gratter le fond de culottes et rire d’un pet. N’importe quel enfant de cinq ans sait faire cela sans avoir besoin d’un film pour le lui enseigner! De toute façon, les râres et bons moments du films se retrouvent presque tous dans la bande annonce qui ne dure qu’environs 1 minute… Ça n’en vaut pas la peine!

Shamane