J’ai découvert récemment une trilogie nommée assez poétiquement (et c’est peut-être ce qui m’a attiré et repoussé en même temps) « L’Enfant de l’Orage » écrite par Manuel Bichebois, dessinée par Didier Poli et mise en couleurs par Tariq Bellaoui et Didier Poli des Humanoïdes Associés. J’ai été, d’abord, légèrement septique en découvrant la couverture du premier tome et le titre, présageait une énième bande-dessinée qui renvoyait à la dualité bien connue d’un élu possédeant une part d’ombre et une part de lumière. Mais même si ce lieu commun devient trop commun, il promet toujours de jolies découvertes. Au fil des pages, la qualité des illustrations me sauta aux yeux. La profusion des détails, les gros plans sur les personnages, l’énergie et le mouvement du dessin me rappelaient le travail que j’apprécie dans les tomes publiés par les Editions Soleil ; éditeur que j’affectionne particulièrement. Il est vrai que depuis le très sérieux Blacksad et l’hilarant Trolls de Troy, je suis toujours satisfaite des séries animalières et fantasy. Les nuances les plus présentes sont des dégradés de rouge, de brun et de bleu. En règle générale, l’ensemble est assez sombre. Ce qui paraît plutôt logique puisque le récit en lui même l’est aussi. Tant pout les personnages principaux que pour les autres personnages qui sont pléthore, le futur n’est pas vraiment riche de promesses. Et pour le héros, en plus, son passé se noie dans les secrets de sa naissance. Au fil des tomes, le scénario ponctué de rebondissements devenait assez compliqué. On suivait déjà difficilement le voyage de Laïth, jeune héros, puis s’ensuivaient les scènes de guerre et d’engrenages politiques de plus en plus fréquents et tout à coup, les deux récits se rejoignaient et en démêlant peu à peu ces noeuds, à la toute fin du 3e tome tout commençait à se mettre en place. En me relisant, je me rends compte que l’on peut se demander si j’ai vraiment aimé ce récit tant j’en dresse un portrait complexe. Mais c’est sans doute parce que cette histoire est complexe. Le schéma narratif évolue sans cesse et dans un ordre assez ardu à suivre. C’est sans doute sa qualité première. Il me faudra sans doute plus de lectures de cette trilogie et des autres travaux des auteurs pour être davantage prolixe. Car si je dois être honnête avec moi, avec vous, cet article est singulièrement court et ne rend pas suffisamment hommage à cette bande dessinée.

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